Comment le niveau d’une randonnée est-il évalué ?
Facile, moyen, difficile… Ces qualificatifs sont omniprésents lorsqu’on prépare une randonnée. Pourtant, il n’existe pas de règle universelle pour évaluer le niveau d’un itinéraire.
Dans la plupart des cas, l’évaluation repose sur trois critères principaux :
l’effort physique (durée, dénivelé, enchaînement des montées),
la technicité du terrain (sentier, pierrier, passages aériens, mains nécessaires),
le niveau de risque (exposition, isolement, possibilité de repli).
Des classements variables selon les plateformes
Chaque application ou site spécialisé utilise sa propre méthode pour combiner ces critères. La majorité de ces plateformes sont collaboratives, ce qui introduit une part de subjectivité.
En France, les plus connues sont :
Visorando, avec un classement allant de Facile à Extrêmement difficile ;
Altituderando, qui classe les itinéraires de Facile à Très difficile.
Un même itinéraire peut ainsi être évalué très différemment.
L’ascension des Cornettes de Bise depuis Bise, par exemple (environ 6 h 30 de marche et 1 150 m de D+), est classée Très difficile sur Visorando, mais seulement Moyenne sur Altitude Rando, dont la communauté est davantage orientée montagne.
Cette différence s’explique simplement : une randonnée jugée « moyenne » par un randonneur aguerri pourra être perçue comme difficile par une personne moins expérimentée.
Pas de barème unique non plus chez les professionnels
Les agences de voyages spécialisées dans les séjours randonnée n’utilisent pas non plus de barème commun. Elles proposent souvent des niveaux de difficulté de 1 à 5, définis en fonction :
– du temps de marche et du dénivelé quotidien,
– de la technicité du terrain,
– parfois du portage (sac léger ou sac chargé).
La cotation de la FFRandonnée
En France, la Fédération française de randonnée propose une cotation plus détaillée, fondée elle aussi sur les trois critères que sont l’effort, la technicité et le risque.
Cette grille est principalement utilisée dans les topoguides officiels et sur l’application de la fédération.
Le système suisse : une échelle reconnue
En Suisse, il existe une échelle de difficulté normalisée, établie par le Club alpin suisse (CAS) et reconnue à l’international. Elle va de T1 à T6 et apparaît directement sur le terrain grâce à un code couleur :
🟡 Jaune (panneau jaune) : chemin de randonnée – T1
⚪🔴⚪ Blanc-rouge-blanc (panneau jaune) : chemin de randonnée de montagne – T2 à T3
⚪🔵⚪ Blanc-bleu-blanc (panneau bleu) : chemin de randonnée alpine – T4 à T6
Ce système permet une lecture plus immédiate du niveau d’engagement attendu, indépendamment de la durée ou du dénivelé.
Ce qu’il faut retenir
Le niveau d’une randonnée n’est jamais une donnée absolue. Il dépend à la fois de critères objectifs et du profil de celui qui marche. Les cotations sont des repères utiles pour préparer une sortie, à condition de toujours les replacer dans leur contexte.